VII

 

Vous avez déjà entendu parler des trames vertes et bleues ? On parle pas de train, mais d'un des grands travaux du Grenelle de l’Environnement. C'est un outil d'aménagement du territoire pour la restauration écologique du territoire français. Bref, cela consiste à créer ou protéger des espaces verts au sein d'un territoire urbanisé ( verte ) ou d'aménager, protéger les zones humides ( bleue ). Pourquoi je vous parle de cela, c'est par ce que j'ai cru m'évanouir en voyant derrière un bus de ville ( ah qu'ils sont bio ! ) un panneau publicitaire du plus mauvais goût : « Dunkerque capitale de la biodiversité 2011, on peut être une ville industrielle et être ….naturelle ». Avec cliché du meurtre : fond blanc, ombre d'usine en noir et un peu de vert pour prouver la nature. Mais comment peut-on laisser faire ça ? C'est comme remettre le prix Nobel de la paix à un nazi ! L'image est peut être pas assez parlante : quand on parle de biodiversité, ce n'est pas juste placer un pot de fleur sur une place et en même temps détruire des espaces naturels pour construire des usines ou des immeubles locatifs vu sur la mer pour que des personnes à fort potentielles bancaires viennent y passer leurs vacances ! Il ne faut pas s'y tromper, après avoir exterminer toutes existences autres que l'Homme, ce sera à notre tour ! Bien sûr, suivant votre quotient familial, on est humain quand même, d'abord les pauvres et ensuite...et bien plus rien, il y aura assez de place pour les opulents, les hauts revenus, les respectables. Comme Stéphane Hessel nous le suggère de façon urgente : « indignez-vous ! ». Mais de grâce, n'attendons pas qu'il soit trop tard, n'attendons pas que le ciel nous tombe sur la tête. N'avons nous pas assez d'exemples dans l'Histoire de l'Humanité pour se rendre compte que le monde marche sur la tête, pas la sienne, celle de tous ceux qui sont victimes du système. Que nous soyons des hommes, des femmes, des enfants, des espèces animalières, des espèces végétales, nous sommes tous en première ligne devant cette holocauste planétaire. Combien d'enfants meurent de faims dans le monde ? Combien de personnes sont victimes de régimes totalitaires ? Combien de personnes sont heureuses de ce que notre civilisation exhibe ?

Et j'en arrive là précisément, à cause d'un prix sur la biodiversité. Mais cela nous impliquent directement. Bon, en réalité, où sont donc ces trames vertes et bleues ? Alors commençons par la verte. Selon les autorités compétentes ( en quoi on ne sait pas, mais ils le sont à ce qu'il paraît ), il existe une ceinture autour de l'agglomération, comprenant des espaces verts, c'est à dire des espaces de nature, avec des arbres, des fleurs, de l'herbe, des oiseaux, des insectes, de vrai lieu de détente. Ou pas. Pour ceux qui connaissent, mais aussi pour ceux qui ne connaissent pas, les ballades dans les espaces dédiées à cela relèvent souvent de l'agacement plutôt que de l'apaisement. Papiers en tous genres, verres en tous genres, sacs plastiques, sacs poubelles ( plein de préférence ), couches-culottes ( nous n'avons pas vérifier les marques pour savoir à quelles tranches d'âges elles correspondent ), bref, c'est plutôt une ballade en déchetterie qu'ailleurs ! Bien sûr, plus l'on s'éloigne de la ville, moins ces détritus sont présents. Après tout, cela colle avec l'environnement ambiant, donc les gens pensent bien faire, un endroit propre est un endroit à salir ! Heureusement, certaines municipalités ont réagis : création de brigade de propreté. On en reparlera plus tard, de ces Messieurs Propreté Urbaine. En fin de compte, cette trame verte paraît être une tache dans l'environnement qu'il faut absolument asperger de poussières d'usines ( spécialement de soude, couleur orangé, pour se fondre dans le décor ) afin d'harmoniser l'ensemble.

Une fois le vert passé au trépas, occupons nous de cette trame bleue. Celle de l'eau, des wateringues. On peut dire que l'on est servis de ce point de vue là. Nous sommes en bord de mer, nous vivons sur un espace gagné sur la mer et il pleut souvent, car même si la pluie ne rentre pas en compte, grâce à l'effort des cheminées d'usines en rejetant leur jolies fumée, la pluie aide à rentrer plus rapidement et plus profondément les substances à caractère meurtrière dans le sol, donc dans la nappe phréatique ( d'accord je schématise vite, mais la pollution n'attends pas! ). D'ailleurs, en ce qui concerne les fumées, il existe une belle palette de couleurs : du noir, du blanc, de l'ocre, de l'orange, et parfois c'est même du feu qui en sort, mais c'est seulement si on est sages. Donc, nous gérons l'eau de manière responsable. Oui, puisque les produits chimiques s'y retrouvent, donc on est toujours dans le schéma directeur de la politique de biodiversité.

Résumons, nos trames vertes et bleues ne sont plus très vives, elles sont plutôt pales. Et en terme de biodiversité, on s'y retrouve. Car on s'en fout des petites bébêtes, on en veut des grosses, bien laides, bien difformes et surtout bien bêtes. Car c'est ce que l'on devient en vivant par ici, on ingurgite tellement de bêtises que l'on en devient une ! Mais ils surfent sur la vague écolo, prouvons que le Nord n'est pas pollué, n'est pas une usine à ciel ouvert. Bilan carbone, réduction des déchets, éducation à l'environnement, on va bientôt nous faire croire que l'on est les champions du développement durable, oui celui du développement durable des cancers liés aux conditions de vies. On est tellement à la pointe de la pointe qu'on devient tout vert, vert pale, suite à une indigestion collective imposées de la part des politiques...