Quand la nouvelle arriva chez le directeur de l'ONG « Sauve ta mer », il en pleura presque. Non pas que la nouvelle soit à ce point mauvaise, non. Enfin si, mais c'est surtout la future réaction de sa meilleure collaboratrice qui le rend à ce point inquiet. Car c'est le genre d'information qui la rend dans une colère hystérique qui pousserait un cul de jatte à prendre ses jambes à son cou !

« Merde ! Il faut que je trouve un moyen de lui annoncer cela en douceur », se dit-il.

Il compose alors le numéro de portable de celle qui va devenir une folle furieuse, et tombe sur sa messagerie : « Salut ma belle, c'est Éric. Quand tu rentreras, passe me voir s'il te plaît, j'ai des infos assez chaudes. Bye ». Le rouleau compresseur est lancé. « Qu'ai-je donc fais ? », se demande t-il.



Affublé de son t-shirt moulant, où est inscrit, tout en poésie, « la Terre n'est pas une poubelle, bande d'ordures ! », la jeune femme prend des photos et des notes de cette incroyable découverte. Ou plutôt, malheureuse découverte.

Entouré des personnels, soigneurs et chercheurs, du CNRSF (Centre National de Recherche en Science et Fiction), organisme européen très sérieux qui publie dans la revue très sérieuse « To be or not be ? », l'animal est l'objet de toutes les attentions. Car ce n'est pas tous les jours que l'on peut observer un phoque à deux têtes, doté de deux pieds, non palmés ! Spectacle à la fois mystérieux et glauques.

« Qu'a t-il pu lui arrivé à ce malheureux ? », demande un badaud à la jeune femme.

« Oh ! Cherchez pas plus loin que la mutation génétique à cause des eaux polluées rejetées de la centrale nucléaire », lui glisse t-elle affirmative.

« Pas d'affirmation hâtive et fausse ma chère », contre-balance une autre femme. Ce n'est autre que l'adjointe au Maire de la ville. Et aussi la plus farouche adversaire de celle que l'on surnomme à la mairie : « la psychopathe au vélo » !

« Ah ! Voilà, le diable sous la forme d'une vache mal traitée ! », lui lance « la psychopathe au vélo », accompagné d'un regard furieux.

« Ravie de vous revoir, Francine », lui rétorque alors l'adjointe.

Francine. Elle a horreur que des personnes qu'elle déteste ose l'appelé par son prénom.

« On en reparlera lorsque j'aurai fini mon dossier, VOUS accusant de manipulations en tous genres ! »

« Comptez sur moi pour en faire des confettis ! », répond avec dédain celle qui a déjà passé à l'acte, en détruisant tous les courriers de Francine.

Le portable de Francine vibra. « C'est Éric, je le rappellerai plus tard », pensa t-elle.

« Vous l'emmenez comme d'habitude, à Boulogne sur Mer ? », demande Francine à un des membres du CNRSF .

« Oui. Préviens moi quand tu passeras, que je te prépare le topo qui va bien », lui répond le chercheurs.

En attendant, elle repart sur son vélo, vers les bureaux de l'ONG. « Il faut absolument que je contact le professeur Hassan », pensa t-elle. «  Lui seul pourra m'aider à faire les relations entres tous ces événements ». En effet, ce petit mammifère n'est rien d'autre qu'un spectacle récurrent sur la côte. Avant lui, ce fut des poissons amputés d'un œil, des crevettes avec des doigts, et plus surprenant, des goélands sans ailes !