Big Bang à Dunkerque : Vic et Rolf fêtent noël !

 

Toujours à l’affut des manifestations de sa cité, Rolf Gratis a prévu un noël en grand pour son ami Vic Krédy. Et ce dernier n’est pas prêt d’oublier ces deux jours, le 24 et le 25 décembre, que lui réserve Rolf. Un vrai programme de noël ! Allez, ne perdons pas de temps et commençons par l’apéritif :

Lundi 24/12, 5h45, Hôtel du Nord.

Alors que la nuit termine lentement sa partie de l’horloge, Vic est en plein rêve. Et le genre de rêve qui vous laisse un réveil des plus humides : perdu en pleine jungle amazonienne, après y avoir été envoyé pour déjouer les plans d’un odieux terroriste, le voici blessé à la jambe, sans moyen de communication. C’est alors qu’en entendant du bruit sous la luxuriante flore, il se retourne, arme au poing, et aperçoit ce qu’il croit être un mirage : des amazones, en tenue des plus simples ! Apportant du matériel médical, affichant des larges sourires, elles se rapprochaient de lui. Il n’eu pas le temps de dire quoi que ce soit, qu’une de ses sauveuses lui plaça un doigt sur la bouche et chuchota un léger « chuuuuuuttt ». Mais quelque chose vint lui faire dire que quelque chose n’était pas normal. Il parait logique que lors d’un rêve, on ne peut sentir physiquement ce qui se passe. Mais cette fois, le doigt de cette jolie infirmière de campagne lui paraissait véritable. Mieux, le chuchotement lui était audible, il pouvait sentir l’air soufflé sur ses oreilles. Et puis, cette odeur. C’était quoi au juste ? On aurait dit une odeur familière. Du chocolat ! Oui, c’était bien cela, du chocolat ! L’odeur d’un chocolat chaud, surement préparé en son honneur par ses charmantes hôtesses de jungle. Le rêve devenait de plus en plus attrayant… jusqu’à ce que, pris par une envie inexplicable, il conjugua large sourire et ouverture des yeux. Et le rêve vira au cauchemar ! Une vision d’horreur ! Rolf se trouva en face de lui, son doigt sur le large sourire de Vic, qui se transforma aussitôt en grimace. Poussant un cri de dégout, Vic repoussa vigoureusement Rolf, qui alla faire connaissance avec le mur placé derrière lui.

« Mais t’es un grand malade toi ! », lui lança Vic, visiblement agacé.

« Je voulais te faire une surprise…c’est raté… », répondit Rolf, visiblement désolé.

Ce pauvre bougre, avait préparé un petit déjeuner digne de ce nom : croissant, jus d’orange, yaourt et chocolat chaud. La situation se calma, et Vic pu apprécier le petit déjeuner concocté par Rolf. Qui de son côté fut mit à la porte par Vic, et dû attendre qu’il sorte pour pouvoir continuer à étonner son ami. Il lui aura fallu attendre que sonne 9h00 quand même !

Lundi 24/12. 10h30, bassin du commerce.

Rolf emmena Vic à la criée.

« On vient chercher du poisson ? », demanda Vic.

« On peut dire ça ! Mais t’inquiète pas, j’ai tout prévu pour que le poisson que l’on vient chercher soit unique ! », rétorqua Rolf à son ami, qui de son côté commencé à être gelé. En effet, les températures n’étaient pas hautes ce jour là. Quoi qu’il en soit, Rolf voulait à tous prix offrir ce cadeau spécial. Alors que Vic, après être devenu bleu de transit, essaya de se réchauffer en pensant à la chaleur de sa contrée natale, Los Angeles, Rolf de son côté, était excité comme une puce. A tel point qu’il se laissa aller à raconter ses plus beaux souvenirs de noël. C’est alors qu’arriva leur taxi maritime. Un vieux rafiot, qui toussotait plus qu’il naviguait. A son bord, un fameux capitaine, connu dans toute la cité. Un vieux loup de mer, la capitaine Carlos Karloos. Natif d’Acapulco, personne n’en a vérifié l’information d’ailleurs, il aimait faire visiter aux touristes l’entrée du port, jusqu’au niveau de la sirène flottante. Tout en racontant diverses histoires, drôles, émouvantes et parfois cochonnes !

« Ah ! Voilà ce bon vieux capitaine Carlos Karloos ! », se réjouit Rolf.

« Préparez vous à attraper les amarres les jeunes ! », lança le capitaine.

Une fois amarré, nos deux héros purent monter à bord du petit bateau, nommé « le torpilleur ». Bien que Vic n’avait guère le pied marin, il ne râla pas, et saluant le capitaine, pris place à l’arrière de l’embarcation. Rolf régla les derniers ajustements avec le commandant de bord, puis celui-ci leva l’encre.

« En avant toute moussaillon ! », annonça Carlos Karloos.

Alors que le visage de Rolf ne pouvait cacher l’excitation sincère de ce dernier, le visage de Vic, lui n’avait pas la même expression. Après avoir été bleu de transit par le froid, le voilà vert malade. Et pour cause ! Vic avait le mal de mer ! Mais ne voulant pas heurter son ami, il essaya de cacher son malaise…jusqu’à ce que le petit déjeuner vole par-dessus bord ! Les malheurs de ce pauvre Vic, hélas, ne furent que commencer. En effet, la mer n’était pas d’huile ce jour là. Des vagues fortes se dessinèrent. Des creux assez profonds prirent forme, et la chaloupe tanguait de plus en plus. L’estomac de Vic également. Rolf demanda au capitaine s’ils pourraient quand même faire ce qui était prévu. Bien décidé à ne pas sombrer dans l’échec, ce dernier assura qu’il en faudrait plus pour l’obliger à rebrousser chemin. Rassuré, Rolf alla prévenir Vic.

« Vic ! On va bientôt pouvoir faire nos courses ! », dit-il.

« Quoi ? Je ne comprends pas ce que tu raconte. Et puis je ne suis pas bien du tout, et le temps se gâte. Il faudrait mieux rentrer, non ? », s’inquiéta Vic.

« T’en fais pas, ça va passer. Je veux dire que l’on va pouvoir pécher une partie du repas de demain. Du poisson frais, je suis certain que t’avais jamais fait ça ! »

En fait, Vic n’eu pas le temps d’entendre la fin de la phrase de Rolf, qu’une vague emmena Vic par-dessus bord, et le jeta dans la mer froide. Le temps que Rolf prenne conscience et ne dise au capitaine de stopper les machines, Vic avait déjà bu la tasse trois fois. Rolf alla chercher une bouée de sauvetage, pendant que Carlos Karloos appelait le naufragé. Il lui dit de tenir bon et de rester à flot. Ce à quoi répondu Vic par « Je ne sais pas nager ! Au secours ! ». Ni une, ni deux, Rolf envoya la bouée à son ami. Ou plutôt, sur son ami. Suffisamment pour l’assommer. Alors que Rolf eu le reflexe de dire « oups… », Carlos Karloos, de son côté, se jeta pour aller récupérer Vic. Après maints efforts, le capitaine et Rolf remontèrent Vic dans le torpilleur, et rentrèrent au port à toutes vapeurs. Vic repris connaissance, et des couleurs. De retour sur le quai, il remercia chaleureusement Carlos Karloos de lui avoir sauvé la vie. « Au plaisir », lui répondit son sauveur, qui tenait là une nouvelle histoire à raconter à la prochaine saison touristique. Vic proposa à Rolf une embrassade afin de se remettre des émotions. Chose qu’il ne refusa pas. Mais Vic l’attrapa, lui mit la bouée autour du cou et le balança dans l’eau !

« Bouge pas, je vais chercher ma canne à pêche, il y a du gros poisson à pécher par ici ! », ajouta Vic en direction de celui qui venait de faire un plongeon.

Quand à Carlos Karloos, il repartit à bord du torpilleur en rigolant de bon cœur devant ce spectacle offert par nos deux héros.

 

 Lundi 24/12. 17h30, Water-Gang

Après cette matinée des plus agitée, c’est à bord de la twingo tunnée de Rolf, que nos deux compères sont rentrés se sécher. Le rendez vous de 17h30 était fixé chez les parents Gratis, dans le village de Water-Gang. C’est ici qu’à la tombée de la nuit, autrement dit maintenant, qu’ils devaient accompagnés Pierre, le père de Rolf. Tous les trois déguisés en père fouettard (voir l’histoire de la famille Gratis), ils devaient déambuler dans les rues du village au côté du père noël. Rôle ingrat, puisque leur parcours était semé de jets de pommes de terre. Car la tradition veut que pour éloigner le père fouettard, les enfants devaient jeter des pommes de terre par la fenêtre. Dorénavant, ce ne sont plus seulement les enfants qui les jettent, les adultes s’y sont mis également. Et on ne vise plus l’ouverture des fenêtres, mais le père fouettard du défilé de noël. Bien évidemment, c’est la famille Gratis qui prenait des purées dans le pif. Et c’est à cela que Vic fut invité. Déguisé en noir, portant la barbe noire, il allait en plus se faire caillasser de patates. Chose, bien sur, dont il n’était pas au courant…

« Rolf, la prochaine fois que je passe pour un clown dans la rue, je t’étripe ! », glissa gentiment Vic à l’oreille de Rolf. « Et franchement, tu ne vas pas me dire que… Aïe ! Mais c’est quoi ça maintenant ? Le gosse m’a lancé une pomme de terre ! », cria Vic, surpris et abasourdis pas ce geste.

« Ah oui, j’ai oublié de te dire. La tradition veut que les gens nous jettent des patates, on est les méchants, donc… », essaya d’expliquer Rolf. Mais Vic, pris d’un vieux réflexe, répondis à son agression par l’identique. Raté le gosse, mais en plein dans son père !

« T’aurais jamais du faire cela, ça craint maintenant », dit Pierre à Vic. Et il avait raison, car c’est un déluge de pomme de terre qui s’abattit sur les trois barbus !

« Sauve qui peut ! », hurla Rolf. « Chacun pour soi ! », répondit Pierre. Sans avoir pu réaliser ce qui venait de se passer, Vic se retrouva seul, au milieu d’une foule de lanceurs de patates, prêt à mettre en purée ce pauvre Vic…

« On l’a échappé belle gamin ! », dit essoufflé Pierre. « C’était moins une, hein Vic », répondis Rolf entre deux inspirations. « Vic n’est pas là ! Ils vont le massacrer ! Faut faire quelque chose papa ! », supplia Rolf. « T’es fou ! Si on retourne, on va prendre cher. Retournons à la maison, on attendra son retour… », dit courageusement Pierre.

Pour ce qui est de Vic, comme on dit : la suite au prochain épisode !